• Chapitre 22

    Ce chapitre est le plus long que j'ai écrit, il fait plus de 2000 mots. J'ai essayé de bien décrire.

    Comme d'habitude, n'hésitez pas à commenter.

     

     

     

    Chapitre 22

     

    Lorsque j'arrive en bas, ils sont tous déjà installés à table, prêts à manger. Cela signifie que je suis la dernière.

    «Ah ben t'en a mis du temps Lou, me fait remarquer mon père.

    -Désolé papa d'être maladroite et d'avoir des béquilles, lui dis-je, non sans une petite pointe de colère.

    -Oh, ne me dis pas que tu m'en veux!, souffle-t-il. Ne fais pas ton enfant, s'il te plaît!

    -Désolé de faire mon enfant, comme tu dis, mais j'ai des raisons de t'en vouloir vu que tu m'as ridiculisé devant tout le monde en me faisant passer pour une fille qui ne sait pas faire un mètre sans incident!

    -J'ai juste dit que tu devais passer en premier dans les escaliers, rien de plus/

    -Je t'ai dit que j'étais pas handicapée, et tu m'a répondu t'es tellement maladroite qu'on ne sait jamais ce qu'il te peut t'arriver, dis-je en l'imitant. Ça arrive à tout le monde de passer une journée de merde, que je sache!

    -Lou, les gros mots! Et oui ça arrive à tout le monde de passer une mauvaise journée. C'était juste pour rire, je suis désolé si tu as pris ma remarque au premier degré.

    -Comme tu peux le remarquer, ça m'a fait bien rire. D'ailleurs, j'en ris encore!, je crie.»

    Mon père souffle à ma dernière remarque et préfère ne pas répondre à ma réaction pour éviter une dispute. Je me tais et je m'assois, bien énervée cette fois-ci. Je pense que je ne vais pas parler de tout le repas.

    Durant le dîner, je n'adresse pas un mot. J'ouvre seulement la bouche pour demander la carafe d'eau, étant déshydraté du fait du haussement de voix lors de ma conversation avec mon père et de la chaleur supérieure à la normal en ce début d'octobre.

    Si je ne parle pas, j'écoute quand même les histoires qui se racontent autour de moi, même s'il faut dire que je ne comprends rien à leur conversation d'adulte basée sur leur dernier contrat et de chiffres, et cela m'ennuie totalement. D'ailleurs, je ne suis pas la seule. Un seul regard vers ma sœur me suffit de voir qu'elle a une envie folle de se suicider. Quant à mon frère, il est en train de parler de sport avec Brian.

    «Je peux sortir de table s'il te plaît maman?, je demande soudainement.»

    Toutes les conversations s'arrêtent et tout le monde se met à me regarder.

    «Tu n'as plus faim? T'es malade?, me répond celle-ci, inquiète.

    -Non je n'ai plus faim et non je ne suis pas malade.

    -Bon, d'accord.

    -Merci»

    Je me lève et j'attrape mes béquilles, même si je n'en ai pas réellement besoin. Je monte dans ma chambre et je ferme la porte, puis je me jette sur mon lit, soulagée de ne pas être restée en bas. Qu'est-ce que je m'ennuyais!

    Mes paupières commencent à devenir lourdes et je ferme tout doucement les yeux, sombrant peu à peu dans le sommeil.

    Soudain, quelque chose de lourd se jette sur mon lit. J'ouvre difficilement mes yeux et j'aperçois ma sœur, couchée elle aussi sur mon lit.

    «Ouf! Une seconde de plus et je crois que j'aurais tué quelqu'un!, m'avoue-t-elle.»

    Nous nous regardons avec d'éclater de rire. On reste quelques minutes allongée sur mon lit sans rien faire, dans le silence, avant qu'elle ne le brise.

    «C'est quoi ton problème avec Brian? J'ai bien vu que c'était pas ton pote.

    -Effectivement, ce n'est pas mon pote. Et c'est plutôt c'est quoi son problème. Ce bouffon ne m'avait jamais parlé jusqu'à vendredi, alias la pire journée de ma vie!

    -Ah oui, tu ne le portes pas dans ton cœur! Allez raconte-moi tout!

    -En fait, tu sais que vendredi ce n'était pas vraiment ma journée. Je me suis cassée la gueule sur le passage piéton et j'avais des petites tâches d'eau sur mon jean à cause de cette maudite pluie. Enfin bref, je suis arrivée au lycée et ce connard a osé me demander si j'avais fait connaissance avec des cochons! Je l'ai remis à sa place, ne t'inquiète pas je ne lui ai pas mis une droite mais j'aurais bien voulu et...

    -Et tu lui en veux seulement pour ça?

    -Mais non, j'ai pas fini. Bon ensuite, je suis assise à côté d'un de ses potes, Tristan. Ce mec est aussi un connard, tu peux me croire! Comme c'était mon bad luck day, j'ai...

    -Ton quoi?

    -Bad luck day, ma journée de malchance. C'est Rose qui a inventé cette expression.

    -Bref, continue.

    -Et bien comme c'était mon bad luck day, ça ne s'est pas arrêté là. Durant le cours de français, j'ai fait tomber ma trousse et une feuille et ce bouffon de Tristan s'est moqué de moi.

    -C'est qui lui?, me demande ma sœur.

    -Son meilleur pote il me semble. Heureusement, il s'est fait remonté les bretelles par le prof, même s'il avait pas de salopettes. Du coup, il s'est mis en tête de se venger. Il a eu l'intelligence, heu non la stupidité plutôt, de reculer ma chaise alors que je m'asseyais. Résultat, c'est qui a eu une énorme bosse sur le front et à dû partir à l'infirmerie après s'être fait humilié devant toute la classe? C'est moi!

    -T'a raison, Tristan est un connard, approuve-t-elle.

    -En plus, ce con a tout raconté à son Brian le bouffon, qui s'est ensuite foutu de ma gueule, encore une fois!

    -Mais ce sont des connards ces mecs!, dit ma sœur, de plus en plus énervée.

    -Je savais que tu serais du même avis que toi. Mais j'ai pas fini! Comme Brian sait aussi bien viser qu'une chèvre, quoiqu'une chèvre ça ne fait pas de basket, enfin bref, il m'a lancé la balle dans la face. Heureusement qu'il ne m'est rien arrivé. Quand je me suis foulé la cheville, lui et ses potes ont dû me porter jusqu'au lycée. Et Brian m'a dit de me faire la moins lourde possible!

    -Mais quel connard! Je vais aller lui péter la gueule!, s'exclame ma sœur.»

    Elle bondit, prête à descendre les escaliers pour aller voir Brian et s'entretenir avec lui, ou plutôt pour aller lui refaire le portrait, mais je l'arrête.

    «Stop!! N'y vas pas, je te rappelle qu'il y a ses parents en bas, et les notres aussi. Tu vas grave te faire exploser par papa si tu pètes la gueule au fils de son patron. Alors je te conseille d'oublier ça tout de suite pour éviter d'avoir des ennuis.

    -Ah merde, j'avais oublié ça! C'est dommage!, ronchonne ma sœur.

    -Je ne te le fais pas dire. J'aurais bien aimé voir ça.

    Elle abandonne donc son idée et se rassoit sur mon lit telle une pomme de terre.

    Quelques minutes silencieuses passent. Soudain, elle se lève. Ayant peur qu'elle descende, je lui demande ce qu'elle va faire.

    «Chercher mon piano, me répond-elle.»

    Perplexe, j'attends son retour avec impatience, me demandant ce qu'elle va bien vouloir faire. Deux minutes après, quelqu'un frappe à la porte et je vais donc ouvrir. C'est elle, qui est revenue avec, effectivement, son piano électronique dans ses bras.

    Elle rentre à nouveau dans ma chambre et va le brancher puis l'installer, me laissant une nouvelle fois sans réponse sur ce qu'elle compte faire.

    Elle prend ensuite ma chaise de bureau et s'assoit dessus. Elle touche quelques notes afin de pouvoir, en quelques sortes, échauffer ses doigts et les faire habituer à toucher les touche. Après quelques secondes de préparation, elle inspire un grand coup, puis expire. Elle inspire une nouvelle fois avant de se mettre à chanter :

    Nobody sees, nobody knows,

    We are a secret

    Can't be exposed,

    That's how it is,

    That's how it goes,

    Far from the others,

    Close to each other

    Cette chanson, je la connais. Il s'agit d'une chanson de Zara Larsson, Uncover. Elle est juste magnifique. Sa mélodie et de Zara vous emporte dans un autre monde en un rien de temps.

    La jolie voix de ma sœur résonne dans la chambre, quand elle s'arrête.

    «A toi, me dit-elle.»

    Je la regarde, surprise. Puis, je décide de chanter moi aussi. J'entonne le premier couplet, en faisant attention à ne pas chanter faux et à bien prononcer les paroles, qui sont en anglais.

    Lorsque le couplet se termine et que le refrain commence, nous chantons toutes les deux. Nous faisons de même tout le long de la chanson. Je chante seule les couplets et nous chantons les refrains à l'unissonn ensemble. Durant notre interprétation, nous ne cessons de nous regarder, en ayant toutes les deux le sourire accroché aux lèvres.

    Chanter fait partie des activités que j'aime bien faire, surtout avec ma sœur. De temps en temps, mon frère se joint à nous. A chaque fois que nous chantons tous les trois ensemble, j'ai l'impression que nous nous retrouvons, que tout le reste disparaît, et que seuls les paroles, la musique et les personnes étant avec moi à ce moment-là me restent en tête.

    Nous restons concentrées jusqu'à la dernière note.

    «Ne sont-elles pas géniales mes sœurs? S'exclame mon frère en se jetant sur mon lit. Ce sont des stars! Je les adore!»

    Je cligne des yeux. Me voici de nouveau dans la réalité. La magie de la musique s'est envolée pour laisser place à la vraie vie. Comme d'habitude, s'habituer de nouveau à ce qui m'entoure est compliqué.

    Jess éclate de rire aux phrases de mon petit frère. Je me retourne pour savoir s'il n'est pas seul, et il est effectivement accompagné. Brian, se tient debout contre la porte, les bras croisés et le sourire aux lèvres. Pour une fois, j'ai l'impression qu'il ne s'agit pas d'un sourire moqueur, mais plutôt un vrai sourire.

    -Qu'est-ce que vous faîtes là?, je demande.

    -Disons que le son du piano de Jess s'entend jusqu'en bas, me répond mon frère. Et comme je sais qu'à chaque fois qu'elle joue du piano, tu chantes en même temps qu'elle, je me suis décidé à monter pour vous écouter. D'ailleurs Brian est aussi monté, il avait envie de monter car il ne me croyait pas quand j'ai dit que c'était vous qui chantiez.»

    Je crois mot pour mot la dernière phrase prononcé par mon frère. Je regarde Brian puis mon frère et je lui adresse un joli sourire avant de faire comme lui et de me jeter sur mon propre lit, telle une pomme de terre, ce qui pousse Jess à faire pareil et qui déclenche un fou rire. Ce que je peux les aimer mon frère et ma sœur, malgré nos disputes répétitives, je les aime plus que tout.

    Mes jolies pensées s'évaporent en entendant Brian parler.

    «J'avoue, dit-il, que je ne croyais pas ton frère quand il m'a dit que c'est toi qui chantais avec ta sœur. D'ailleurs, tu joues bien au piano Jess. J'admets aussi que vous avez une très jolie voix toutes les deux, même si j'ai une petite préférence pour celle de Lou.»

    Je me redresse sur mon lit lentement, abasourdie par ce que je viens d'entendre. Je n'y crois pas! Brian vient de me faire un compliment pour la première fois de sa vie!

    «Demain, je prévois mon parapluie pour aller au lycée. Des énormes averses de pluie sont annoncées dans toute la France! D'ailleurs, s'il y a une tempête, ça ne m'étonneras pas

    -Ah bon?, dit Alex, stupéfait. Il ne devait pas faire beau jusqu'à la fin de la semaine?»

    Tout le monde me dévisage, ne comprenant pas ce changement soudain de météo.

    «A vrai dire, c'est ce que je pensais il y a deux minutes, j'explique. Mais avec le compliment de ce cher Brian sur moi et Jess, la météo vient de changer.»

    Alex ne comprend toujours pas, tandis que Brian se murmure un «J'aurais dû m'en douter» et que Jess et moi éclatons de rire. Mais Jess se souvient soudainement de ma conversation avec elle et son expression de visage change en quelques secondes. Vu la couleur de son visage, elle ne va pas être très gentille avec lui.

    «Lou m'a tout raconté. Je te préviens Brian, tu dis encore une fois des méchancetés sur ma sœur ou que toi ou tes potes vous l'humiliez, je te referais ta face, c'est clair?

    -Je ne vois pas pourquoi j'aurais peur de toi, déclare le principal intéressé sur un ton de défi.

    -Tu devrais avoir peur pourtant, crois-moi!, dit Alex. Elle est capable de te mettre par terre en moins de deux mon pote! Et je sais de quoi je parle.

    -Je confirme, dis-je.

    -Ok ok, de toute façon je n'en avais pas l'intention. Je suis désolé Lou pour...

    -Avoir été le roi des cons?, je le coupe.

    -Oui. Excuse-moi. Je n'aurais pas dû chercher la merde vendredi.»

    Je le réfléchis quelques secondes tout en le regardant. Je souffle avant de dire.

    «Ok, j'accepte tes excuses. Mais je te préviens que la prochaine fois que tu me fais chier, t'auras à faire à moi.

    -D'accord.»

    Nous nous serrons la main, en signe de réconciliation.

     

     

     

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